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Amazing Amezaine, interview

Pour son livre » Sinatra Amour & Mafia »

1-J.D. Amazing Ameziane, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, vous venez de publier votre dernier livre aux Editions du Rocher, « Sinatra amour et mafia », qu’est qui vous a intéressé dans ce personnage ?

A.A. Sinatra m’a toujours fasciné car il fait partie de la musique des films de mafieux que j’adore. Plus tard, j’ai appris que Frank Sinatra était l’inspiration pour le personnage de Johnny Fontaine dans THE GODFATHER (Le Parrain) de Mario Puzo et Francis Ford Coppola.

Je me suis documenté sur la Mafia pendant des années et elle est présente dans plusieurs de mes livres. Je dois même être un des rares auteurs d’un livre d’humour sur la mafia (Devenir Mafieux).

Il était cohérent que je m’attaque à la vie de Sinatra de façon originale.

Je l’ai proposé à tous mes éditeurs pendant 20 ans.

Le Rocher a dit « oui ». J’en suis ravi.

2- J.D. Qui était Frank Sinatra ?

A.A. Un homme au physique peu facile. Ava le décrivait en disant « Il fait 47 kilos Mais c’est 47 kilos de trique.». Il avait une voix en or et un égo en béton. C’était un ami en diamant et un mauvais mari. Il est resté pendant 60 ans en haut de l’affiche. Nous a donné quelques grands rôles et d’autres moins. Ses chansons font partie désormais de la culture populaire.

3- J.D. Pourquoi ce sous titre « amour et mafia » ?

A.A. Amour & Mafia, car cela symbolise  le mieux la vie tumultueuse de Sinatra. Toutes ses chansons parlent d’amour. D’amour futur ou d’amour perdu. Il a séduit les femmes les plus belles de sont époque (dans le livre SINATRA CONFIDENTIAL de Shawn Levy, la liste fait 4 pages…).

Et la Mafia, car sa carrière n’aurait pas été possible sans elle.

Il a pu sortir de son contrat à vie avec DORSEY. La mafia possédait tous les juxeboxes, donc ils décidaient ce que les gens écoutaient dans les bars, etc… Ils tenaient aussi la majorité des clubs et cabarets. Il valait mieux être ami avec eux.

Frank l’était car ses parents qui tenaient un pub durant la prohibition, les connaissaient. L’alcool ne pousse pas sur le arbres. Et tout le monde aimait boire, les flics, les juges, les membres de la mairie… tout le monde. Ça fait des contacts.

4- J.D. De son vivant le public le savait-il ? Et comment était-il perçu ?

A.A. Ses amitiés avec la Mafia étaient un secret de polichinelle. Ceux qui sortaient le soir, savaient à qui appartenaient les clubs, les casinos. Mais pour le grand public, c’était une star qui parfois se trouvait à la une d’histoire quelques peu curieuses, mais cela n’entâchait pas son talent ou son succès.

5-J.D. La mafia d’après vous a-t-elle joué un rôle sur sa carrière ?

A.A. Ses parents tenaient un pub du nom de MARTIN O’BRIEN. Le nom de boxeur de son père. Un nom irlandais car les Italiens n’avaient pas le droit de boxer. Sur la vitrine du pub, les initiales M.O.B. Pour ceux qui n’ont pas fait Anglais LV1, « mob » veut dire Mafia en argot américain.

La Mafia avait des parts dans beaucoup d’entreprises légales et d’autres non. Ils avaient réussi à faire chanter le boss du FBI , J. Edgar Hoover et tous disaient la même chose.

« LA MAFIA N’EXISTE PAS ».

Mais Frank a bien voyagé à Cuba avec dans sa valise 1 million de dollars appartenant à Lucky Luciano. Ce devait être un cadeau pour le dictateur Batista qui régnait sur l’île et avait accepté les hôtels de luxe et casinos de la Mafia.

6- J.D. Et à l’époque Frank Sinatra était-il le seul à entretenir ces liens-là ?

A.A. Non, mais Sinatra est celui qui l’a fait le mieux et en a le plus profité. Il faut se souvenir qu’en 1959 à Las Vegas, un jeune sénateur démocrate, un certain JFK couche avec une jeune femme que lui a présenté Sinatra. Son nom Miss Campbell. Il faut préciser qu’un même moment, elle était aussi l’une des maîtresses de Sam Giancana, le boss de la Mafia de Chicago.

Cette idylle a continué après l’élection de JFK.

C ‘est Frank qui a fait venir les stars à Las Vegas.

Il était même le seul à avoir des parts dans un casino, puis à devenir le propriétaire (de façade) d’un hôtel, le CAL NEVA LODGE au Lac Tahoe.

7-J.D. N’est-il pas le symbole d’un Hollywood disparu ?

A.A. Si, totalement. Les hippies ont réussi en moins de 5 ans faire disparaître, les costumes masculins et les chapeaux. Maintenant c’est basket / jeans / casquette.

Les années ’60 étaient horribles socialement. Racisme partout, violence, égalité hommes/femmes inexistant, la guerre du Vietnam. Mais la musique et les fringues étaient cool.     

8- J.D. Pourquoi avoir décidé de le raconter à travers ces amis Sammy Davis Jr ou Ava Gardner ?

A.A. J’ai 4 narrateurs en tout. Chacun raconte ce qu’il a vu ou connu, et cela donne à la fin une vision plus complexe et complète de Frank Sinatra.

SAMMY DAVIS Jr était son meilleur ami. Je peux avoir des histoires au plus proche de Frank, et parler aussi de l’époque à travers les yeux d’un petit Afro Américain/ juif/ borgne.

AVA GARDNER fut son plus grand amour. Il y a eu un avant et un après Ava Gardner dans la vie de Frank. C’est après AVA, qu’il est devenu un Don Juan enchainant les conquêtes sans lendemain.

SAM GIANCANA, le boss de la Mafia de Chicago, me donne le point de vue des gangsters. ET ce ne sont pas des gens sympas.

J’ai été aussi loin que possible avec ses dialogues…

MARILYN MONROE, nous donne encore un angle original, car elle aussi doit sa carrière à la Mafia et elle en a beaucoup souffert. En 1961, Sinatra voit bien que les vautours tournent autour d’elle et lui propose de l’épouser. Elle refuse et nous quittera un an plus tard.

9- J.D. De son vivant a-t-il écrit sur lui et l’histoire qu’il raconte est-elle la même ?

A.A. Frank a tout fait pour cacher ses liens avec la Mafia. Il a voulu nous vendre une image incomplète et idyllique… mais il a fallu des années après sa mort pour se rendre compte de la profondeur des. Vrais liens avec le crime organisé.

 La famille de Sinatra a toujours beaucoup de mal à admettre cela. Alors que je trouve que cela n’a aucune importance. Cela n’enlève pas un iota du talent dont il a fait preuve sur scène ou sur ses disques. Je fais la différence entre le copinage et le népotisme.

Avec le copinage, des amis vous aident à monter sur scène, mais c’est votre talent qui vous permet d’y rester.

Le népotisme, votre famille vous donne la maison de disques, parce que vous avez le même nom de famille que le patron.

Aucun talent ou mérite requis…

10- J.D. Selon vous quelle trace a-t-il laissé ?

A.A. Frank Sinatra fait partie de l’inconscient collectif de l’humanité. Noêl dernier, je faisais mes courses et dans les rues d’une petite ville du Sud, résonnaient les musiques de Sinatra. Elles représentent la bonne humeur, une période plus joyeuse et même une forme de mélancolie qui ne vous fait pas mal.

Il existe un SINATRA pour chacune des époques de votre vie.

L’amour, le chagrin et même l’hiver de votre vie avec MY WAY, qui est ma chanson préférée.

11- J.D. En vous remerciant, si vous deviez conseiller un film à nos lecteurs, lequel serait-il ? Et pourquoi ?

A.A. J’en ai 2.

  • THE MAN WITH THE GOLDEN ARM

L’HOMME AU BRAS D’OR (1955)

De Otto Preminger

Son meilleur rôle, un junkie. Il dit « avec tout ce que je me suis mis dans le bras, il y en a pour 1 million, je suis l’homme au bras d’or »(de mémoire…). Avec un poster de SAUL BASS devenu culte.

  • THE MANDCHURIAN CANDIDATE

UN CRIME DANS LA TÊTE (1962)

De John Frankenheimer

La guerre de Corée, les chinois manipulent des soldats pour devenir de agents dormants pour des missions suicides, comme de tuer le président.

Ce film disparaîtra de l’affiche après la mort de JFK.

Bonne lecture à tous.

@ame.comics (pour des news sur Insta)

Ameziane.blogspot.com (mexicomics•blog)

Propos rapporté par Jean Davy pour clicinfospectacles.fr