PERLE SOLVES pour son album CONNECT
1- J.D. Perle Solves, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, tout d’abord qui êtes-vous ?
P.S. Je m’appelle Perle Solvès, je suis chanteuse, autrice, compositrice, interprète, et je fais de la pop/folk/soul anglophone.
2-J.D. Vous venez de sortir depuis peu votre tout premier album « Connect », pourquoi ce titre ?
P.S. Parce que cet album, c’est le fruit de rencontres (comme la plupart des projets artistiques, d’ailleurs), et qu’il parle de connexion avant tout. Que ce soit pour se (re)connecter aux autres, à soi-même, au monde, à la nature….
On est dans un monde hyper connecté où la rencontre semble justement très facile et j’avais envie de revenir à des choses essentielles et aux vraies rencontres dans la vraie vie, celles avec un grand R, celles qui peuvent nous chambouler, celles qui nous portent aussi, et qui peuvent nous faire du bien. Revenir à quelque chose d’humain, et des valeurs de partage et d’échange.
3 J.D. Comment définiriez-vous votre musique ?
P.S. Organique, diversifiée avec différents genres qui s’entremêlent, j’essaye de faire en sorte que ce soit riche. Je la définirais comme sensible aussi.
Il y a des titres très introspectifs et remplis d’émotions, et d’autres beaucoup plus joyeux et dans le groove. C’est une palette plutôt variée.
4- J.D. 9 titres exclusivement en Anglais, était-ce une évidence lorsque vous avez commencé son écriture ?
P.S. Oui, l’Anglais est une évidence pour moi. C’est une langue avec laquelle je me sens très proche, et ce depuis petite. J’ai vécu à Londres pendant longtemps, ville dans laquelle je me sens toujours chez moi. Je travaille encore souvent avec les anglo-saxons.
Donc c’était très évident pour moi d’écrire en Anglais et de faire sonner cette langue en chanson surtout dans les styles musicaux de l’album.
5- J.D. 1er EP « Just a matter of time » en 2020, diriez-vous que « Connect » c’est un prolongement ou une autre Perle Solves ?
P.S. Je dirais que c’est plutôt un prolongement. Je pense qu’on est toujours en constante évolution.
On retrouve certains styles comme la folk/pop dans « Connect » mais il a suivi une forme d’évolution, que ce soit dans l’enregistrement d’autres instruments en eux mêmes (cuivres, cordes etc…), ou le fait d’avoir travaillé différemment, et peut-être gagné en maturité, que ce soit dans l’écriture ou personnellement. J’espère avoir évolué dans le bon sens en tout cas (rires)
6- J.D. Peut-être plus intimiste ? Non ?
P.S. Oui il y a des titres qui sont très personnels et très intimes. J’ai toujours eu cette volonté d’avoir une forme d’authenticité dans ce que j’écris, donc même dans le premier EP il y avait de ça. Maintenant dans cet album-là, j’ai aussi eu envie de faire bouger les têtes donc il y a également des titres beaucoup plus festifs et qui appellent à la joie, mais quoi qu’il arrive j’essaye que ce soit au plus proche de moi un maximum pour trouver une forme d’authenticité. Montrer sa joie peut être intime aussi… 🙂
7- J.D. Qu’est qui vous interpelle dans ce monde ?
P.S. Il y a beaucoup de choses qui m’interpellent. L’humain m’interpelle, que ce soit dans le pire parce qu’il y a forcément des choses qui m’insurgent dans notre société, comme dans le meilleur.
La beauté, quel que soit la définition qu’on lui donne, et où qu’on la trouve parce que je pense qu’on peut la trouver partout. Même dans l’humain : dans la solidarité et l’entre-aide, la communion, l’empathie, dans la nature… Les personnes qui créent aussi, qui osent. Tout ça, ça m’interpelle et m’inspire. J’oublie surement des choses.
Et les gens qui collent leur serviette à côté de vous à la plage aussi, alors que la plage est vide. Ça, ça m’interpelle (rires)
8- J.D. Ces 5 années où vous avez vécu à Londres, ont-elles une influence sur votre musique et sur votre créativité ?
P.S. Absolument ! J’ai été forcément influencée par le rapport au story-telling des anglo-saxons (comme beaucoup, dans notre société occidentale).
Leur rigueur dans l’application à chaque détail. Mais aussi dans leur rapport au fun et l’amusement.
9- J.D. Vous êtes également d’origine corse, comment se traduit-elle ?
P.S. Dans certaines valeurs. Que ce soit dans la volonté d’honnêteté, de parole et d’intégrité, de partage. Mais aussi dans le rapport avec la nature.
Sur ce projet ça se voit aussi beaucoup dans mes clips, qui ont tous été tournés en Corse.
10- J.D. Avec «Connect » avez-vous redécouvert votre voix ? Et que représente – t – elle pour vous ?
P.S. C’est drôle que vous posiez cette question, parce que oui quelque part, j’ai redécouvert ma voix : de par les styles musicaux que j’ai exploré dans ce projet, et ce que je me suis autorisé à faire. Je me suis laissé surprendre.
Et ce que ma voix représente pour moi : vraiment beaucoup de choses. Il y a un rapport au corps évidemment avec la voix, puisque notre instrument il est dans notre corps, et il n’est pas externe. Elle me donne de la confiance, de la force, de la liberté, de la légèreté, une forme de puissance, d’exutoire, et de bien-être. Elle me reconnecte à moi-même. Et c’est mon vecteur vers l’extérieur aussi.
11- J.D. En vous remerciant, d’après vous, pour la jeune femme que vous êtes, est ce difficile ou facile de se sentir connectée avec le monde qui l’entoure ?
P.S. C’est une belle question et assez complexe. Puisque à la fois, ça n’a jamais été aussi facile de se sentir connectée avec le monde (je pense évidemment à internet). Et à la fois, on peut se sentir très seul.e.s. Ça peut nous permettre de nous rassembler, mais on peut se retrouver à se comparer et se sentir mal face à ce que les autres montrent sur les réseaux et qui souvent, n’est qu’une façade. Parfois on se perd là-dedans plutôt que de se re-connecter à l’essentiel, de passer du temps dans un jardin avec des animaux par exemple (je ne sais pas pourquoi c’est ça qui me vient en tête tout de suite), quand on peut. Donc j’aurais une réponse plutôt nuancée en disant les deux.
Difficile parce qu’il m’arrive de me sentir très en décalage avec le monde qui m’entoure, où tout semble aller trop vite et où on est submergées par les sollicitations très nombreuses et diverses.
Et facile parce que j’adore me perdre sur internet, que ça peut permettre de (re)trouver des personnes qui nous ressemblent, et qu’à partir du moment où je trouve un équilibre entre ça et rester ouverte et disponible pour le reste (comme passer du temps dans un jardin, ou près de la mer, et/ou avec des personnes qu’on aime), alors tout va bien.