pour la sortie de son livre « GRAINE DE VAURIEN »
1- J.D. Kid Toussaint, Bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, auteur des très célèbres BD « Magic 7 », « Animal Jack » ou « Holly Ann » entre autre, comment devons nous vous présenter auprès de nos lecteurs ?
K.T. Vous venez de le faire très bien. On peut peut-être ajouter Elles avec Aveline Stokart chez Le Lombard, Les vies de Charlie avec Aurélie Guarino chez Dupuis ou 40 éléphants avec Virginie Augustin chez Grand Angle… Et pas mal d’autres…
2- J..D. Vous venez de publier chez Grand Angle « Graine de Vaurien » qui est cette graine de vaurien ?
K.T. C’est un groupe d’enfants comme les autres qui préfèrent jouer et faire des bêtises plutôt que d’aller à l’école. Mais cette fois, une de leur bêtise va coûter chère et entraînera des répercussions tout au long de leur vie.
3- J.D. Quelles ont été vos influences littéraires ? Voir cinématographiques ?
K.T. C’est difficile à dire pour moi car les influences sont souvent inconscientes (sinon, je ne le ferais pas). Je sais que Mark Twain et son Tom Sawyer m’a aidé pour la partie enfance… Pour le reste, c’est le Western en général qui parvient toujours à me surprendre malgré le fait que ce soit un genre très codifié. L’espace est étrangement limité alors que l’on parle de grands horizons par exemple, le temps aussi finalement vu que la période ne dure grosso modo qu’une soixantaine d’années (que j’exploite entièrement ici), il y a toujours ce rapport à la justice et à la loi… Mais tu regardes des films comme High Noon, Warlock, Fort Alamo, les Sergio Leone, les Peckinpah ou plus récemment les Frères Sisters et tu as des films complètement différents. Certains journalistes m’ont parlé de Mystic River de Dennis Lehane ou de Il était une fois en Amérique de Leone pour l’idée qu’une erreur d’enfance marque à vie… C’est possible, j’ai lu et vu l’un comme l’autre. En revanche, ce qui a vraiment consciemment lancé cette histoire dans ma tête, c’est plutôt une chanson (comme souvent) ; Bang Bang version Nancy Sinatra.
4- J.D. D’où vient cette expression ?
K.T. Aucune idée… sinon de mon éditeur, Hervé Richez. Le titre de l’album était Bang Bang à la base. On a craint pour les droits d’utilisation et Hervé a proposé cela. Ça a plu à Miss Prickly. Je m’y suis résigné.
5- J.D. Qui était Bat Masterson que vous citez en première page ? Et vous en êtes vous inspirez dans la création de vos personnages ?
K.T. Pas du tout. C’est une de ces légendes de l’ouest comme les Buffalo Bill, Billy The Kid, Jesse James, Calamity Jane ou Wyatt Earp dont Masterson a été l’adjoint. Ces personnages qui oscillent d’un côté ou de l’autre de la loi qui est encore floue à l’époque, qui vivent mille vies en unes avec des activités aussi improbables que chasseurs de bisons ou de primes, joueur professionnels, Marshall, explorateur, soldats ou journalistes. Mais j’aimais bien cette citation qui colle un peu à cette idée que tout le monde veut son moment de gloire, que l’on est prêt à se battre pour ça…. Mais que beaucoup n’y arriveront pas.
6- J.D. L’action se passe au Far West et ce n’est pas la première fois que vous l’abordé dans votre œuvre, on pense à « Ennemi », qu’est qui vous intéressé ?
K.T. Ah oui. Bon, j’y ai répondu un peu plus tôt. J’aime le fait que ça me « mette des limites », ça donne un challenge, ça stimule l’imagination… à l’inverse de la Science-fiction qui est sans doute un genre trop « ouvert » pour moi.
7- J.D. Vous parlez de secrets, de manipulations, de meurtres, les thèmes abordés ne sont ils pas pour un public plus adulte que certaines autres de vos précédentes BD ?
K.T. Bah oui… ça dépend lesquelles. Si on compare à Animal Jack, forcément. En revanche, Holly Ann, Ennemis, Mort Blanche, 40 éléphants, La course et les Concerts du Siècle, à l’ombre du convoi… Non. Et encore, là, je parle juste de ton, pas de fond. J’aborde une partie de ces thèmes dans mes BDs jeunesse aussi. Bon, peut-être pas le meurtre…
8- J.D. D’après vous s’adresser à un jeune public et à un public adulte est ce pareil ? Et l’envisagez-vous ?
K.T. C’est un vaste débat, j’aurais bien des choses à en dire mais ça prendrait 12 pages. Dison que l’enfant lit mieux que l’adulte et en cela écrire pour les enfants me demande un plus gros effort. Ecrire pour les adultes, c’est en quelque sorte ma récréation. Mais on peut parler des mêmes choses pour les deux, oui. En BD, il faut juste être plus frontal, plus factuel avec les adultes… et plus subtil avec les enfants (qui, chose étrange, en BD, comprennent mieux la subtilité que les adultes).
9- J.D. Aux très beaux dessins et à la très belle couleur, Miss Prickly, pouvez-vous nous en parler ?
K.T. Oui ! C’était un sacré défi pour elle et elle l’a accompli avec brio. Je suis ravi de son travail qui était un véritable grand écart. Quand nous nous sommes rencontrés avec Miss, elle avait lu Holly Ann et souhaitait que je lui écrive un récit adulte… alors qu’à l’époque, elle dessinait Mortelle Adèle. On est plutôt parti sur Animal Jack… mais un récit adulte et idéalement un western (qu’elle adore) restait dans un coin de nos têtes… Elle s’est beaucoup documentée, s’est remise en question, a écouté les conseils des dessinateurs plus adultes… Et puis, ses lumières, tantôt lumineuses, tantôt crépusculaires… Fabuleux. Moi, j’aime le fait qu’elle ait gardé un côté « jeunesse » vu que l’on commence par suivre une bande de gosses… Je trouve même qu’en cela, elle était la dessinatrice idéale pour ce récit.
10- J.D. En vous remerciant, pourriez-vous faire parti de cette « Bande de Vaurien » ?
K.T. Certainement. Excellente question. Je pense d’ailleurs que j’aurais pu être n’importe lequel. Nonobstant le fait que l’on mette un peu de soi dans tous nos personnages, je sais que j’ai un côté insouciant façon Calico Joe, je suis un peu solitaire comme Ugly Green Bear et souvent malgré moi, je me retrouve à devoir prendre les choses en mains comme Fifty voir à être mesuré comme Winnie…
Propos rapporté par Jean Dvy, le 29 juin 2026 pour clicinfospectacles.fr