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Bryan Christien, Interview

Pour la sortie de son livre « La Folle Histoire de FRANCE

1 – J.D. Bryan Christien, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, tout d’abord pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

B.C. Bonjour, et merci pour votre invitation. Je m’appelle Bryan Christien, j’ai 22 ans et je vis dans le Morbihan, en Bretagne. Je suis créateur de contenu spécialisé dans la vulgarisation historique sur les réseaux sociaux depuis l’âge de 16 ans. C’est vraiment pendant le confinement, alors que j’étais encore au lycée, que tout s’est accéléré : j’ai commencé à partager plus régulièrement ma passion pour l’histoire, en racontant des anecdotes accessibles, courtes et marquantes. Aujourd’hui, c’est devenu l’une de mes activités principales. À côté, je suis aussi chargé de communication et donc auteur.

2 – J.D. Vous venez de publier aux Editions Larousse « La Folle Histoire de France », notre histoire est-elle aussi folle que ça ?

 B.C. Oui, co mplètement. Quand on regarde de près, l’histoire de France est remplie de situations improbables, de décisions surprenantes, parfois même absurdes. Ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas une exception : c’est présent à toutes les époques. Simplement, on ne le voit pas toujours dans les livres scolaires, qui vont plutôt à l’essentiel.

3 – J.D. Bien loin des livres d’histoire de notre enfance, c’est une image plus humaine que vous proposez ?

 B.C. Oui, c’est exactement ça. On a souvent une vision très sérieuse et très figée de l’histoire, avec des personnages comme Louis XIV ou Napoléon Bonaparte. Mais derrière, ce sont des êtres humains, avec leurs défauts, leurs erreurs, leurs moments de faiblesse. Les anecdotes permettent justement de montrer cette réalité et de rendre l’histoire plus proche de nous.

4 – J.D. Sait-on à quand remontent les toutes premières ?

 B.C. Dans le livre, les anecdotes les plus anciennes remontent au Moyen Âge. C’est à partir de cette période qu’on a suffisamment de sources écrites pour raconter ce type d’histoires avec précision. Avant, c’est plus compliqué, car les informations sont souvent trop fragmentaires ou difficiles à vérifier.

5 – J.D. Comment avez-vous fait votre choix ?

B.C. J’ai choisi les anecdotes selon plusieurs critères : il fallait qu’elles soient fiables, bien sûr, mais aussi qu’elles surprennent et qu’elles racontent quelque chose de leur époque.

6 – J.D. Les connaissiez-vous et a-t-il été difficile de trouver des traces écrites ?

B.C. Certaines, oui, mais beaucoup ont demandé des recherches. Le plus difficile, ce n’est pas de trouver une anecdote, c’est de vérifier qu’elle est vraie. Il faut croiser les sources et faire attention aux histoires qui ont été déformées avec le temps.

7 – J.D. Maintenant elles nous font sourire mais comment étaient-elles vues à leur époque ?

B.C. Elles étaient souvent prises très au sérieux. Ce qui nous fait sourire aujourd’hui pouvait être vu comme un scandale ou un événement important. Ça montre à quel point notre regard change avec le temps.

8 – J.D. D’après vous, quelles utilités toutes ces anecdotes voire scandales avaient-elles ?

B.C.  Elles servaient à plusieurs choses : critiquer le pouvoir, faire passer des messages, marquer les esprits. Parfois, elles étaient aussi utilisées pour influencer l’opinion. Ce sont un peu des reflets de la société de l’époque.

9 – J.D. Et ce qu’elles racontent de leur époque diffère-t-il selon la date ?

B.C. Oui, beaucoup. Chaque époque a ses propres préoccupations, ses valeurs, ses limites. Une anecdote du Moyen Âge ne raconte pas la même chose qu’une histoire du XIXe siècle. On voit vraiment l’évolution des mentalités.

10 – J.D. Pourquoi certaines sont oubliées et d’autres entrent dans la culture, voire la pop culture ?

B.C. Souvent, ce sont les histoires les plus simples et les plus marquantes qui restent. Celles qu’on peut raconter facilement et qui surprennent. C’est le même principe aujourd’hui avec les contenus qui deviennent viraux.

11 – J.D. Selon vous, la nature des histoires d’aujourd’hui est-elle la même que celle d’hier ? Et pourquoi ?

B.C.  Oui, sur le fond, ça reste les mêmes types d’histoires : des histoires humaines, avec des émotions, des conflits, des excès. Ce qui change, c’est la vitesse à laquelle elles circulent. Aujourd’hui, tout va beaucoup plus vite.

12 – J.D. Très richement illustré, y a-t-il des illustrations ou des histoires totalement oubliées voire inédites ?

B.C. Oui, certaines histoires sont très peu connues, voire complètement oubliées du grand public. Le livre permet justement de les remettre en lumière, avec des illustrations qui aident à mieux les imaginer.

13 – J.D. Pour nos lecteurs, si vous ne deviez en retenir qu’une ?

B.C choisirais l’histoire de Joseph Pujol, surnommé le “Pétomane” du Moulin Rouge. À la fin du XIXe siècle, il devient une vraie star en faisant des spectacles avec ses flatulences. Ça peut paraître absurde aujourd’hui, mais à l’époque, il remplissait des salles entières. Cette histoire montre bien que ce qui nous semble ridicule aujourd’hui pouvait être totalement normal, voire très populaire. C’est exactement l’esprit du livre.

14 – J.D. Et en vous remerciant, quel regard portez-vous sur l’histoire avec un grand H ?

B.C. Je vois l’histoire comme quelque chose de très concret. Ce ne sont pas juste des dates ou des grands événements, ce sont surtout des histoires humaines, avec des gens qui font des choix, parfois bons, parfois mauvais. Ce que je trouve intéressant, c’est que ça permet de prendre du recul. On se rend compte que beaucoup de choses qu’on vit aujourd’hui ont déjà existé, sous d’autres formes. Et ça aide à mieux comprendre pourquoi le monde est comme il est. C’est aussi pour ça que j’essaie de la rendre plus accessible : parce que l’histoire, ça concerne tout le monde.

Propos rapporté par Jean Davy, le 23 avril 2026, pour clicinfospectacle.fr
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