1- J.D. Come Girardot, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, tout d’abord pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
C.G. Je m’appelle Côme Girardot, j’ai 24 ans et je suis athlète professionnel de døds, ou death diving. C’est un sport extrême qui a été popularise par la Norvège qui consiste à sauter dans l’eau en donnant l’illusion qu’on va faire un plat avant de se replier juste avant l’impact avec l’eau. En parallèle de la compétition, j’aime aussi créer des projets et des expéditions un peu hors normes pour raconter des histoires à travers mon sport et le professionnaliser.
2- J.D. Dans le documentaire «The Comeback » qui vous est consacré, vous vous définissez comme un « dodser » plus qu’un « cliff jumper », qu’est-ce un « dodser » et quelles sont les différences entre les deux ? Est-ce un sport officiel et y a-t-il beaucoup de licencié ?
C.G. Le cliff jumper est plus un sauteur de falaise qui atterri par les pieds. Le døds est très différent : ce qui compte, c’est la position à l’atterrissage, le style, la personnalité et la créativité. C’est un sport encore jeune mais qui se développe très vite, avec un circuit international et des Championnats du Monde organisés chaque année.
3- J.D. Peut-on sauter de partout ou est ce bien réglementé selon le saut et le lieu ?
C.G. Non, absolument pas. Chaque spot demande énormément d’analyse. Il faut vérifier la profondeur, les courants, les marées, les obstacles sous l’eau, la hauteur, où-est ce qu’on peut remonter, qui nous accompagne, les conditions météo… La sécurité représente une énorme partie de notre travail, même si elle reste invisible dans les vidéos courtes contrairement à nos formats longs de YouTube ou autre.
4- J.D. Truls Torp votre coéquipier quand il parle de vous il parle aussi de votre style français, comment le définissez-vous ce style français par rapport aux autres ?
C.G. Il me semble que c’était Arne Haugland qui parlait de cela non ? Et je ne sais pas je n’ai pas réponse à cette question
5- J.D. Portrait intimiste, vous revenez sur votre accident, avec le recul diriez-vous que malgré toutes les mesures de sécurité c’était prévisible ? Ou du moins envisageable ?
C.G. Non mais avec le recul, je pense surtout qu’on peut toujours améliorer les protocoles de sécurité quand on saute. C’est un des enseignements que je retiens de cette expérience.
6- J.D. Avez-vous redécouvert votre corps durant votre rétablissement ? Ses capacités comme ses limites ont elles changées ?
C.G. Oui, complètement. Après une blessure comme celle-là, on repart presque de zéro. J’ai appris à écouter mon corps différemment, à respecter davantage les étapes et à accepter que certaines choses prennent du temps. Aujourd’hui, je pense être plus à l’écoute de mes sensations qu’avant.
7- J.D. Qu’est qui a été le plus difficile durant cette période pour le grand sportif que vous êtes ?
C.G. Le plus difficile n’était pas forcément la douleur physique. C’était l’incertitude. Ne pas savoir si je pourrais remarcher, pourrais refaire du sport, retrouver mon niveau ou simplement revenir à une vie normale.
8- J.D. Peut-on dire qu’il y a un avant et un après dans votre carrière ? Et comment cela se traduit il ?
C.G. Oui. Je prends toujours autant de plaisir à pratiquer mon sport, mais je le fais avec un regard différent. Je profite davantage de chaque compétition et j’accorde beaucoup plus d’importance aux projets que je construis autour du sport. Cette blessure m’a aussi donné envie de raconter davantage d’histoires/d’aventures que simplement montrer des performances.
9- J.D. Vous dites que depuis toujours vous avez eu envie de sauter d’un iceberg, pourquoi ?
C.G. Depuis que je suis enfant, je suis fasciné par les endroits les plus isolés et les plus extrêmes de la planète. Les icebergs représentent un mélange parfait entre aventure, exploration et dépassement de soi. C’était un rêve que j’avais depuis des années et que j’avais envie de réaliser de manière responsable, après une longue préparation. Un saut d’un iceberg représente le plus, selon moi, l’esprit de mon sport
10-J.D. Première mondiale, totale réussite, nous suivons votre entrainement plus qu’intensif, par rapport à vos autres sauts pourquoi est il aussi différent pour ne pas dire extraordinaire ?
C.G. Au-delà de la hauteur, c’est tout le contexte qui rend ce projet exceptionnel. Il a fallu trouver le bon iceberg, organiser une expédition au Groenland, composer avec la météo, la glace, la sécurité, le froid… Ce n’est pas simplement un saut, c’est une aventure entière qui demande des mois de préparation.
Il faut se dire que l’on a sauté d’une falaise éphémère, qui n’existe plus aujourd’hui. On est aussi probablement les seules à l’avoir vu de nos propres yeux + pour sûr a avoir marcher dessus
11-J.D. D’après vous comment sera le « dods » de demain ?
C.G. Je pense que le niveau sportif va continuer d’augmenter, mais aussi que le sport va s’ouvrir à des projets plus créatifs. Aujourd’hui, on ne raconte plus seulement une performance. On raconte une histoire, une aventure. C’est ce qui permet aussi de faire découvrir le døds à un public beaucoup plus large. Pourquoi pas au JO dans 20 ans ?
12-J.D. En vous remerciant, et vous maintenant quel est votre prochain défi ?
C.G. Mon premier objectif est désormais de gagner les Championnats du Monde en individuel le 22 août. Après ma blessure, réussir à revenir à ce niveau représente déjà une immense victoire. Et ensuite, j’ai encore beaucoup d’idées d’expéditions et de premières mondiales que j’aimerais réaliser aux quatre coins du monde. Le plus intéressant reste encore à venir 🙂
Propos rapporté par Jean Davy ; le 28 juillet 2026, pour clicinfospectacles.fr
Crédit photos Louis Giannonta
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