1- J.D. Davide Cali, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr, tout d’abord pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
D.C. Je m’appelle Davide Cali, je suis auteur jeunesse, dessinateur et scénariste de bandes dessinées.
2- J.D. Vous venez de publier aux éditions l’élan vert « Yokai – Le village sans nom », qu’est qu’un Yokai ?
D.C. Il s’agit d’une créature mythologique qui appartient au folklore japonais.
3- J.D. Historiquement de quelle période datent-ils ? Et en existent-ils des contemporains ?
D.C. Le premier témoignage de l’existence des yokai dans la culture japonaise remonte au VIII éme siècle. Dans le contemporain je ne sais pas, si les nouvelles générations croient encore aux Yokai. Mais ils sont toujours présents dans la culture pop, comme les mangas et les jeux vidés.
4- J.D. Les auteurs sont ils identifiés ou au contraire sont ils restés anonymes ?
D.C. Tu veux dire les auteurs des histoires de yokai ? En s’agissant d’histoires populaires, elles appartiennent plutôt à la tradition orale, comme beaucoup de nos contes classiques. Après, il y a certainement des auteurs contemporains qui collectent et racontent, de leur manière, des histoires qui viennent de cette tradition.
5- J.D. en a-t-il de différents types ?
D.C. Bien sûr, des milliers ! C’est un peu comme les fantômes chez nous. Dans notre tradition, il y a de milliers d’histoires locales à ce sujet. Je pense que presque dans chaque village il y a au moins un fantôme célèbre et dans chaque famille au moins le témoignage d’une histoire de fantôme. Pour le yokai, c’est un peu pareil.
6- J.D. Quel est leur rôle social ?
D.C. C’est une question compliquée, faudrait peut-être la poser à un sociologue. De ce que je vois, d’après mes voyages, en Asie en générale, le fait d’avoir refusé les impositions des cultes monothéistes a consenti de sauvegarder ces figures du folklore qui naissent dans toutes les cultures pour expliquer certains phénomènes naturels, et que dans les religions monothéistes trouvent d’autres explications.
Dans la religion chrétienne, notamment, on fait remonter tous phénomènes étranges à l’existence du Diable et donc du péché. Le Japon, pour éviter la colonisation religieuse, culturelle et économique des européens, ferma les portes pour deux siècles, dans la période nommé Sakoku (fermé, enchaîné) qui dura du Xème au XIXème siècle.
7- J.D. Toutes les thématiques sont elles abordées ou y a-t-il des interdits ?
D.C. Là je ne comprends pas la question.
8- J.D. Qu’est qui vous a intéressé dans « Le village sans nom » et comment l’avez-vous découvert ?
D.C. Pour écrire cette histoire j’ai étudié un peu le Japon des shogun et des samouraïs, et surtout le système de collecte des impôts, qui était très intéressant.
9- J.D. Vous l’avez co réalisé avec Qu Lan qui l’a dessiné, vous êtes vous tous les deux inspirés d’illustrations déjà existantes ? Et comment les avez-vous choisies ?
D.C. Oui, à la base l’histoire s’inspire d’illustrations déjà existantes, mais après le choix final c’est la maison d’édition que l’a fait, en fonction aussi de la disponibilité des droits de reproduction des images.
10-J.D. D’après vous ont-ils eu une influence sur la société japonaise et si oui laquelle ?
D.C. Je ne connais pas suffisamment l’histoire et la société japonaise pour pouvoir vous répondre. Moi je suis italien et, comme je vous disais, dans notre tradition populaire tout ce que c’était étrange, inconnu ou inexplicable, était relié à quelque chose de diabolique. Donc, ce que je peux vous dire c’est que j’aime beaucoup le folklore des pays habités par ce genre de créatures. Je pense d’être plus proche à l’animisme, qui tout explique avec petits et grands esprits qui parfois aident, parfois taquinent, les humains.
Je trouve ça plus naturel, plus humains, plutôt que tout expliquer avec le péché.
11- J.D. En vous remerciant si vous deviez être un Yokai lequel seriez-vous ? Et pourquoi ?
D.C. Ahah ! C’est une très bonne question ! Je serais sûrement un yokai très méchant, mais dont on peut devenir amis si on lui offre du sashimi !
Propos rapporté par Jean David pour clicinfospectacles.fr