Accueil

LEO BLANDIN, interview

Pour le jeu COUR DE VERSAILLES

1.      J.D. Léo Blandin, bonjour et bienvenue sur Clicinfospectacles.fr. Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

L.B. Bonjour, et merci pour cette interview !
 Alors, qui suis-je ? Je suis auteur et éditeur de jeux de société, basé à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique.
 J’ai 36 ans, et j’ai toujours eu besoin de créer. Étant très mauvais en musique mais passionné par le jeu, je me suis naturellement tourné vers la création et l’édition de jeux de société.

2. J.D. Comment décririez-vous Chèvre Éditions ?

L.B. Chèvre Éditions, c’est le nom de ma structure d’édition de jeux. J’y publie mes propres créations mais aussi celles d’autres auteurs et autrices.

Je vise à sortir 1 à 3 jeux par an, en conservant un format de boîte unique (L : 12,5 cm x H : 15,5 cm x P : 4,5 cm), ce qui me permet de réduire les coûts de production tout en proposant une gamme homogène.

Je m’oriente plutôt vers des jeux de stratégie accessibles aux joueurs déjà initiés, même si je ne m’interdis pas d’explorer d’autres types de jeux. En revanche, pour l’instant, je ne me vois pas éditer de jeux pour enfants ou de jeux purement d’ambiance.

3. J.D. Qu’est-ce qui vous intéresse dans le jeu de société ?

L.B. Plein de choses !
 D’abord, le plaisir de partager un moment convivial entre ami·es ou en famille. J’aime aussi l’aspect stratégique : réfléchir, optimiser, s’adapter… et découvrir des facettes inattendues des gens autour de la table.

Bref, le jeu, c’est du lien, du fun, de la réflexion, un excellent moyen de passer un bon moment !

4. J.D. Quel a été le point de départ de La Cour de Versailles, votre dernière sortie ?

L.B. Tout a commencé devant la série Versailles, que je regardais avec ma compagne. À chaque épisode, je me demandais : « Ce personnage a-t-il vraiment existé ? Cette rencontre a-t-elle eu lieu ? »

À force de recherches, l’idée de créer un jeu autour de cette époque est devenue une évidence.

5. J.D. Comment y joue-t-on ?

L.B. La Cour de Versailles est un jeu de draft.

Chaque joueur commence avec une main de 10 cartes Personnage. À chaque tour, il choisit une carte qu’il place dans son cercle (un tableau de 9 cartes en grille 3×3), puis passe le reste de sa main à son voisin de gauche.
On répète cette opération 9 fois, jusqu’à ce que chaque joueur ait complété son tableau.

À la fin des tours 3, 6 et 9, les Grandes Figures (Louis XIV, Marie-Thérèse d’Autriche, Philippe d’Orléans, Madame de Montespan et Madame de Maintenon) peuvent entrer en jeu, si les conditions sont réunies : par exemple, avoir la majorité de cachets verts (clergé) + rouges (militaire).

En fin de partie, on vérifie également la suprématie militaire (cachets rouges), qui peut donner un bonus ou un malus.
Le joueur ou la joueuse ayant le plus de points de prestige est déclaré·e vainqueur.

6. J.D. Jeu de société historique : avez-vous pris quelques libertés avec l’Histoire ?

L.B. Bien sûr ! Mais j’ai fait en sorte de rester aussi proche que possible de la réalité : les relations entre personnages, leur rôle à la cour, leurs actions…
Cela dit, certaines figures historiques sont peu documentées, et j’ai parfois dû ajuster ou simplifier leurs effets pour garantir un bon équilibre de jeu.

Pour aider les joueurs à mieux comprendre les cartes, un livret d’anecdotes coécrit avec Virginie Veniger (et avec humour !) est inclus dans la boîte. Il éclaire les pouvoirs des personnages en les replaçant dans leur contexte historique.

7. J.D. Quelles ont été les principales contraintes ?

L.B. Il y en a eu plusieurs !
Trouver les bons personnages, leur associer un effet de carte cohérent avec leur histoire, s’assurer de la qualité et de la disponibilité des illustrations (en domaine public), respecter une certaine parité hommes/femmes…
 Et surtout : ne pas se limiter aux favorites du roi pour montrer la richesse de cette époque.

8. J.D. La Cour de Versailles, c’est aussi une application développée par Jean-Charles Bonnard ?

L.B. Tout à fait !
J’ai rencontré Jean-Charles et Virginie lors du Festival de Cannes, et nous avons travaillé ensemble pour perfectionner le jeu.

La phase de décompte n’était pas très fluide au départ. Alors nous avons imaginé un site web, qui fonctionne comme une appli. Chaque carte a un numéro en bas à droite, qui sert à déterminer l’initiative (ordre d’effet en simultané) et à comptabiliser les points.

Il suffit d’indiquer dans l’application la position et le numéro de chaque carte de son tableau (par exemple : 3 en haut à gauche, 25 en haut au centre…), et magie ! le calculateur vous donne votre score final.

9. J.D. Merci pour toutes ces infos ! Quelles sont les prochaines nouveautés chez Chèvre Éditions ?

L.B. Merci à vous pour cette interview, j’espère qu’elle donnera envie à vos lecteurs et lectrices de découvrir mes jeux !

Dernièrement, j’ai sorti C’est Carré, un jeu de placement de cartes très accessible mais malin. Il s’agit de composer un carré de 9 cartes (3×3) avec des valeurs et des couleurs de faïences à optimiser.
À son tour, on peut :

  • soit jouer la carte du dessus de la défausse,
  • soit retourner les deux premières cartes de la pioche, en choisir une à jouer et défausser l’autre.

Les cartes ont des effets : les positives vous font piocher autant que leur valeur, les négatives vous forcent à jouer plusieurs cartes d’affilée. Il faut donc bien optimiser ses placements et ses choix !
 En fin de manche, on compte les points positifs, on retire les points négatifs, et on ajoute des bonus en fonction des zones de faïence connectées.

Et en fin d’année, je suis très fier d’annoncer la sortie d’un jeu signé Matt Leacock, l’auteur de Pandemic !

Ce jeu s’appelle Expo 1889. Vous incarnez des architectes chargés de construire les structures de l’Exposition Universelle de 1889. À grands coups de dés et de choix stratégiques, vous cocherez des effets sur un plan représentant l’exposition.
Pour en savoir plus, je vous invite à nous suivre sur les réseaux 😉

Propos rapportés par Jean-Davy, pour clicinfospectacles, le 05/08/2025